Sur la piste bétonnée, le claquement sec de la planche signale la figure réussie. Sans un regard pour les garçons affalés sur les sièges d’une tribune plantée à même la terre, Dania Al-Moussawi, 24 ans, remonte sur son skateboard, s’élance d’un coup de pied nonchalant et glisse vers la rampe où l’attendent trois petites filles harnachées de protège-tibias. Tout autour, un champ de roseaux dresse sa muraille verte et humide, étouffant le vacarme des klaxons échappé des artères encombrées de Bagdad.
Au loin, les bulbes turquoise du…
