A Khartoum, il n’est pas rare d’être enterré deux fois. Dans la cour d’une école, résonnent des coups de pioche. Puis les zips de sacs mortuaires qu’on referme prestement. Se tenant à l’écart, des pleureuses sont venues verser les larmes qui n’ont pas pu couler plus tôt. Ici, un commerçant prénommé Abdelmoneim, mort d’une crise cardiaque, est exhumé. Là, « un Ethiopien » à l’identité inconnue, tué d’une balle perdue en pleine rue. Le troisième ? Personne n’en sait rien.
Ceux-là seront ensevelis dans une section à part, un…
